
Le prix affiché dans une annonce immobilière ne représente pas toujours la somme nécessaire pour devenir propriétaire. En France, les frais d’acquisition, couramment appelés « frais de notaire », représentent généralement Frais d’acquisition dans l’ancien de 7 à 8 % du prix et 2 à 3 % dans le neuf lorsque les conditions fiscales sont réunies. À ces montants peuvent s’ajouter les frais de financement, une éventuelle commission d’agence à la charge de l’acquéreur, des travaux et les premières dépenses liées à l’occupation ou à la location du logement.
Pour établir un budget fiable, il faut donc distinguer le prix du bien, les frais d’acquisition et les autres dépenses nécessaires à la transaction. Cette distinction est essentielle pour déterminer l’apport personnel, calibrer le crédit immobilier et, dans le cadre d’un investissement locatif, mesurer le rendement réellement accessible.
Les pourcentages et les règles fiscales présentés ici concernent principalement la France. Les frais d’acquisition, les taxes et les pratiques notariales diffèrent en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et au Canada francophone : les chiffres français ne doivent pas y être transposés sans vérification.
L’essentiel sur le coût réel d’un achat immobilier
- En France, prévoyez généralement 7 à 8 % de frais d’acquisition dans l’ancien et 2 à 3 % dans le neuf éligible au régime réduit.
- Ajoutez au prix du bien les frais de crédit, les éventuels frais d’agence, les travaux et les dépenses récurrentes adaptées à votre projet.
- Pour un investissement locatif, calculez le rendement à partir du coût total d’acquisition, puis déduisez les charges, la vacance locative et la fiscalité applicable.
- Pourquoi les frais de notaire diffèrent-ils entre immobilier ancien et neuf ?
- Comment estimer les frais de notaire avant de faire une offre d’achat ?
- Bien ancien ou neuf : où les frais d’acquisition pèsent-ils le moins sur votre budget ?
- Pourquoi oublier les frais d’acquisition peut-il faire échouer votre plan de financement ?
- Quand devez-vous disposer de l’argent destiné aux frais d’acquisition ?
- Quels coûts ajouter au prix affiché avant de décider si un bien est rentable ?
- Comment calculer le rendement net d’un logement après toutes les dépenses ?
- Quel prix d’acquisition pouvez-vous accepter sans dégrader la rentabilité du bien ?
Pourquoi les frais de notaire diffèrent-ils entre immobilier ancien et neuf ?
Les frais d’acquisition sont généralement plus élevés dans l’ancien parce que les droits et taxes liés à la mutation représentent une part importante de leur montant. Dans le neuf, certaines ventes soumises à la TVA immobilière bénéficient de droits d’enregistrement réduits. L’écart ne signifie donc pas que le notaire facture une rémunération beaucoup plus faible pour un logement neuf : il provient principalement du traitement fiscal de la vente.
Les frais d’acquisition regroupent plusieurs postes :
- Les droits et taxes : ils comprennent notamment les droits de mutation et les taxes liées à la publicité foncière. Leur montant dépend du régime fiscal applicable à la transaction et, pour certaines composantes, du département.
- Les émoluments du notaire : cette rémunération réglementée est calculée selon un barème, notamment en fonction du prix et des caractéristiques de l’acte.
- Les formalités et débours : ils couvrent les démarches administratives ainsi que les sommes avancées pour obtenir les documents nécessaires à la vente.
Selon les Notaires de France, les frais représentent généralement 7 à 8 % du prix dans l’ancien, contre 2 à 3 % dans le neuf lorsque les conditions requises sont réunies. Certaines ventes immobilières neuves soumises de plein droit à la TVA sur le prix total bénéficient notamment d’un taux réduit de taxe de publicité foncière de 0,715 %. Ces chiffres sont des ordres de grandeur, pas un devis applicable à toutes les transactions. Les conditions sont détaillées dans l’article des Notaires de France sur les frais d’acquisition réduits dans le neuf.
La distinction entre ancien et neuf exige aussi de vérifier la situation précise du bien. Une vente en l’état futur d’achèvement peut relever du régime réduit, mais un immeuble achevé depuis cinq ans au maximum ne bénéficie pas automatiquement de cet avantage lorsqu’il est revendu. Les terrains constructibles obéissent également à des règles qui dépendent de la nature de la vente et de son régime fiscal.
Cette différence fiscale modifie le coût réel d’une acquisition. Comparer uniquement les prix affichés d’un appartement ancien et d’un logement neuf peut conduire à sous-estimer le budget de l’un ou de l’autre.
La bonne comparaison repose donc sur le montant total à financer, et non sur le seul taux de frais annoncé. Il faut ensuite estimer ces frais pour le bien réellement envisagé, avant de formuler une offre d’achat.
Comment estimer les frais de notaire avant de faire une offre d’achat ?
Pour estimer les frais de notaire avant une offre, commencez par identifier le régime applicable au bien, appliquez un ordre de grandeur adapté à l’ancien ou au neuf, puis ajoutez les dépenses qui ne sont pas incluses dans les frais d’acquisition. En France, cette estimation peut être affinée avec un simulateur, puis confirmée par le notaire à partir des caractéristiques de la transaction envisagée.
La méthode comprend trois étapes.
- Identifier le bien et la transaction. Vérifiez s’il s’agit d’un logement ancien, d’une vente dans le neuf, d’un achat en l’état futur d’achèvement ou d’un terrain. Pour le neuf, ne retenez le taux réduit qu’après avoir vérifié les conditions fiscales applicables.
- Calculer une première enveloppe. En France, utilisez généralement une fourchette de 7 à 8 % du prix dans l’ancien et de 2 à 3 % dans le neuf éligible. Le département, la date de l’acte et les caractéristiques de l’opération peuvent modifier le résultat.
- Ajouter les coûts annexes. Prévoyez les frais de garantie du crédit, les frais de dossier bancaires, les éventuels honoraires d’agence à votre charge, ainsi que les travaux et équipements indispensables.
Un simulateur doit être utilisé avec discernement. Saisissez le prix, la nature du bien et le département concerné, puis vérifiez les postes inclus dans le résultat. Deux outils peuvent afficher des montants différents parce qu’ils ne retiennent pas le même périmètre : les frais de garantie du prêt, les honoraires de négociation ou certaines dépenses annexes peuvent être exclus du calcul.
Le notaire peut ensuite établir une estimation individualisée à partir du prix, de la nature de la vente et des caractéristiques de l’opération. Cette démarche est particulièrement utile lorsque le budget est serré ou que le régime fiscal du bien n’est pas évident. Il faut également intégrer les régularisations prévues lors de la vente, notamment le prorata de taxe foncière et certaines charges déjà payées par le vendeur, qui peuvent modifier le solde à régler.
Les cinq vérifications avant de transmettre votre offre
- Identifiez la nature de la vente et consignez le régime envisagé : ancien, neuf ou opération particulière.
- Calculez une première fourchette de frais et conservez le détail du prix utilisé et du pourcentage retenu.
- Demandez au notaire une estimation individualisée et conservez le document reçu.
- Faites confirmer par la banque les frais de crédit, le coût de la garantie et les dépenses qui resteront à votre charge.
- Établissez un budget global faisant apparaître séparément le prix, les frais d’acquisition, les frais annexes et la trésorerie disponible à la signature.
Une estimation fiable permet de déterminer l’enveloppe nécessaire avant de négocier. Elle permet aussi de comparer les biens anciens et neufs sur une base financière cohérente, en intégrant leurs différences de prix et de fiscalité.
Bien ancien ou neuf : où les frais d’acquisition pèsent-ils le moins sur votre budget ?
À prix de vente identique, un logement neuf éligible au régime réduit entraîne généralement moins de frais d’acquisition qu’un logement ancien en France. Cela ne signifie pas qu’il coûte toujours moins cher au total : le prix au mètre carré, les charges, les équipements, les travaux et les conditions de revente peuvent compenser cet avantage. La décision doit reposer sur le coût complet du projet et sur sa durée de détention.
Les ordres de grandeur fournis par les Notaires de France permettent d’illustrer la différence sur une base comparable. Pour un prix hypothétique de 250 000 €, les montants suivants résultent de l’application des fourchettes indicatives, avant les éventuels frais annexes :
| Élément | Bien ancien | Bien neuf éligible |
|---|---|---|
| Prix du bien dans l’exemple | 250 000 € | 250 000 € |
| Fourchette indicative | 7 à 8 % | 2 à 3 % |
| Frais calculés sur cette base | 17 500 à 20 000 € | 5 000 à 7 500 € |
| Prix et frais d’acquisition | 267 500 à 270 000 € | 255 000 à 257 500 € |
Ce scénario est une illustration arithmétique, et non une estimation pour un bien précis. Il suppose que les taux indicatifs sont applicables. Les frais de crédit, les éventuels honoraires d’agence et les travaux ne sont pas inclus.
L’avantage du neuf doit être mis en perspective avec les autres caractéristiques du logement. Un prix d’achat plus élevé peut absorber l’économie fiscale. Les charges de copropriété, les équipements à financer et la valeur de revente à court terme méritent aussi d’être examinés. L’horizon de détention compte particulièrement : un bien conservé quelques années ne présente pas le même profil économique qu’un bien destiné à rester dans le patrimoine pendant une longue période.
En France, les droits de mutation peuvent également varier selon le département et la date de la transaction. La loi de finances pour 2025 a autorisé une majoration temporaire de 0,5 point de certains droits départementaux, sous réserve d’une décision locale, avec une exception prévue pour certains primo-accédants achetant leur résidence principale. Cette mesure ne constitue pas une exonération générale. Pour connaître le cadre de cette évolution, consultez l’actualité de Service Public sur la hausse départementale des droits de mutation, puis faites vérifier le taux applicable à la date de l’acte.
Les frais ont aussi un effet direct sur le financement. Si l’acquéreur doit couvrir une enveloppe plus importante avec son épargne, il lui reste moins de liquidités pour les travaux, les imprévus ou les autres projets. Si le financement des frais est envisagé par crédit, sa faisabilité doit être confirmée auprès de la banque.
Le choix le plus économique dépend donc du prix négocié, des frais réellement applicables, des caractéristiques du bien et de l’horizon de détention. Cette comparaison doit être effectuée avant de valider le financement, car un budget incomplet peut compromettre l’achat même si le prix du logement paraît accessible.
Pourquoi oublier les frais d’acquisition peut-il faire échouer votre plan de financement ?
Oublier les frais d’acquisition fragilise le plan de financement parce que le prix du bien ne correspond pas au montant total à payer. Si l’apport couvre uniquement le minimum prévu pour la transaction, l’acquéreur peut découvrir qu’il lui manque plusieurs milliers d’euros pour régler les frais, la garantie du crédit ou d’autres dépenses. La banque doit alors réexaminer le montage, et l’acheteur risque de ne pas disposer des fonds requis à la signature.
Deux étapes concentrent le risque. La première intervient lors de la constitution du dossier bancaire : si le budget total dépasse les ressources disponibles, la banque peut demander une modification du financement ou ne pas accorder le prêt sollicité. La seconde intervient avant la vente définitive, lorsque l’étude notariale demande les fonds nécessaires à la signature. Un financement accepté sur le prix du logement ne garantit pas que toutes les dépenses annexes sont couvertes.
Le bon réflexe consiste à présenter à la banque un plan qui distingue :
- le prix du bien et les éventuels frais d’agence à la charge de l’acquéreur ;
- les frais d’acquisition estimés par le notaire ;
- les frais de dossier et de garantie du prêt ;
- les travaux immédiats et les dépenses indispensables à l’installation ;
- l’apport réellement mobilisable après conservation d’une réserve de trésorerie.
Certains prêts aidés ou dispositifs spécifiques peuvent alléger une partie des besoins, selon le pays et les conditions d’éligibilité. Il ne faut toutefois pas supposer qu’ils couvrent les frais d’acquisition sans confirmation de l’organisme concerné.
En France, lorsqu’un achat est financé totalement ou partiellement par un crédit immobilier, la promesse de vente doit comporter une condition suspensive d’obtention du prêt dans le cadre légal applicable. Cette clause doit notamment préciser le montant maximal des prêts recherchés, leur durée et le taux maximal accepté. Les conditions et les effets d’un refus sont expliqués dans la fiche Service Public sur la condition suspensive de prêt immobilier. La protection dépend du respect des stipulations et des délais prévus.
Une estimation tardive peut donc exposer l’acquéreur à un compromis qui ne correspond pas à ses capacités réelles. Il est essentiel de vérifier le plan de financement avant de s’engager et de faire correspondre la condition suspensive au crédit effectivement recherché, plutôt qu’au seul prix affiché.
Le budget doit être cohérent dès le départ : prix, frais d’acquisition, dépenses annexes, apport et crédit doivent former un ensemble finançable. Une fois ce montage validé, l’étape suivante consiste à organiser la disponibilité des fonds au bon moment.
Quand devez-vous disposer de l’argent destiné aux frais d’acquisition ?
Les sommes nécessaires aux frais d’acquisition doivent être disponibles suffisamment tôt pour que le notaire puisse recevoir les fonds avant la signature de l’acte authentique. En pratique, le calendrier dépend de l’étude notariale, de la date de vente, du déblocage du prêt et des contrôles bancaires. Il faut donc préparer la trésorerie avant la dernière étape de la transaction, sans attendre le jour de la signature pour lancer les virements.
Le calendrier commence généralement par la signature du compromis ou de la promesse de vente. Un dépôt de garantie peut alors être demandé selon les conditions convenues. Il est habituellement imputé sur le prix lors de la vente définitive, mais il immobilise une partie de l’épargne dès le début de l’opération. Il doit donc être pris en compte dans le plan de trésorerie.
Entre l’avant-contrat et l’acte authentique, l’acquéreur finalise son crédit, transmet les justificatifs requis et prépare les fonds propres. Le notaire communique ensuite les modalités de règlement et le montant à verser. Les sommes doivent généralement être transférées par virement dans le délai fixé par l’étude. Un transfert tardif, un plafond bancaire insuffisant ou un déblocage de crédit retardé peut nécessiter de réorganiser la signature.
Il est prudent de conserver les sommes destinées à l’achat sur un support disponible à la date prévue, en tenant compte des délais de retrait et des éventuelles pénalités. Un placement bloqué ou un transfert qui nécessite plusieurs jours ouvrés peut créer une difficulté même si l’épargne existe sur le papier. Les plafonds de virement et les délais de validation de la banque doivent être vérifiés à l’avance.
Le montant final peut également évoluer après la vente. Le décompte des sommes avancées pour les formalités peut entraîner une restitution d’un trop-perçu ou la demande d’un complément. De même, le prorata de taxe foncière et certaines charges réglées par le vendeur peuvent modifier les comptes entre les parties. Il est donc utile de conserver une réserve plutôt que de mobiliser la totalité de son épargne disponible.
La disponibilité des fonds doit être intégrée au budget dès le compromis, puis vérifiée à mesure que la signature approche. Cette discipline protège l’achat de retards évitables et permet de préserver une marge de sécurité après l’acquisition.
Quels coûts ajouter au prix affiché avant de décider si un bien est rentable ?
Pour déterminer si un bien immobilier est rentable, il faut ajouter au prix affiché les frais d’acquisition, les dépenses de financement, les éventuels travaux, les équipements et les coûts nécessaires à la mise en location. Il faut ensuite intégrer les dépenses annuelles supportées par le propriétaire, ainsi que le risque de vacance locative. Un rendement calculé sur le seul prix de l’annonce peut ainsi donner une image trop favorable de l’investissement.
Les coûts d’entrée à examiner comprennent notamment :
- les frais d’acquisition, calculés selon la nature du bien et le régime fiscal applicable ;
- les frais d’agence, selon leur répartition contractuelle entre vendeur et acquéreur ;
- les frais de dossier bancaire et la garantie du crédit ;
- les travaux de remise en état, de conformité ou de rénovation avant la location ;
- l’ameublement et les équipements nécessaires en cas de location meublée ;
- les éventuels frais de recherche d’un locataire et de mise en location.
Le coût total d’acquisition constitue la base de départ du rendement. Si les dépenses initiales sont oubliées, le pourcentage de rentabilité obtenu sera artificiellement élevé. Cette différence peut suffire à faire passer le projet sous le rendement minimal recherché par l’investisseur.
Les dépenses récurrentes sont tout aussi importantes. Elles peuvent inclure les charges de copropriété non récupérables, la taxe foncière, l’assurance propriétaire non occupant, les frais de gestion, les réparations, les provisions pour travaux et les périodes sans locataire. La répartition des charges récupérables dépend des règles applicables au logement et au pays concerné.
L’Agence nationale pour l’information sur le logement recommande de vérifier le prix d’achat, les loyers réellement pratiqués, les charges, les travaux et les risques de vacance. Son analyse rappelle également qu’un propriétaire continue à supporter certaines dépenses et ses échéances de crédit pendant une période sans locataire. Ces précautions sont détaillées dans les précautions de l’Agence nationale pour l’information sur le logement avant un investissement locatif.
Pour tester la solidité du projet, recalculez le rendement avec des charges plus élevées que prévu et une période d’inoccupation. Si l’équilibre financier disparaît dès que les hypothèses deviennent moins favorables, le prix demandé ou le niveau de risque mérite d’être réexaminé.
Une fois le coût complet établi, il devient possible de mesurer ce que le logement rapporte réellement chaque année. Le rendement net exige toutefois de distinguer les charges d’exploitation, la fiscalité et le coût du financement.
Comment calculer le rendement net d’un logement après toutes les dépenses ?
Le rendement net d’un logement se calcule en rapportant les revenus locatifs annuels diminués des dépenses retenues au coût total d’acquisition. Pour obtenir une mesure pertinente, il faut préciser si les impôts sont inclus, distinguer les charges récupérables des charges supportées par le propriétaire et intégrer une hypothèse de vacance. Le rendement du bien et la rentabilité de l’épargne personnelle investie sont deux indicateurs différents.
Le calcul peut être organisé en plusieurs niveaux.
- Rendement brut : divisez le loyer annuel attendu par le prix d’achat, puis multipliez par 100. Cette première mesure est rapide, mais ne tient pas compte des dépenses.
- Rendement net de charges : partez des loyers annuels, puis retranchez les charges non récupérables, la taxe foncière, les assurances, la gestion locative, les frais d’entretien et une provision cohérente pour la vacance locative. Rapportez le résultat au coût total d’acquisition.
- Rendement après fiscalité : estimez ensuite l’impôt et les prélèvements applicables selon le régime de location, le niveau des revenus et la situation de l’investisseur.
Le résultat dépend notamment de la fiscalité. La location nue et la location meublée peuvent relever de régimes différents en France. Le traitement des charges, des travaux, des amortissements éventuels et des revenus locatifs doit être vérifié selon les règles applicables à la situation personnelle. Les calculs réalisés avant impôt ne doivent donc pas être présentés comme un rendement net définitif.
Le financement modifie également la rentabilité pour l’investisseur. Le rendement du bien mesure la performance de l’actif, tandis que le rendement des fonds propres tient compte de l’argent réellement investi, des intérêts du crédit et de l’effet de levier. Un crédit peut réduire l’effort initial, mais il entraîne aussi des échéances qui doivent être honorées même lorsque le logement n’est pas loué.
Enfin, le rendement annuel ne résume pas toute la performance patrimoniale. Le rendement courant mesure les revenus produits pendant une période donnée. Le rendement global sur la durée de détention tient aussi compte de la plus-value ou de la moins-value à la revente et des frais de sortie. Deux biens aux revenus locatifs proches peuvent ainsi produire des résultats globaux différents.
Pour rendre la comparaison utile, conservez les mêmes hypothèses de charges, de fiscalité et de durée pour les biens étudiés. Les loyers doivent correspondre au marché local et ne pas reposer sur un montant théorique difficile à obtenir.
Le rendement net fournit une mesure de comparaison, mais il ne détermine pas à lui seul le prix acceptable. Pour décider du montant maximal à offrir, il faut repartir du loyer soutenable, des dépenses prévisibles et du rendement minimum recherché.
À retenir avant de fixer votre prix d’achat
- Le prix maximum doit être compatible avec le rendement net cible, une fois les frais d’acquisition et les dépenses récurrentes pris en compte.
- La capacité d’emprunt et l’apport disponible peuvent imposer un plafond inférieur au prix théoriquement acceptable sur le plan locatif.
- Un loyer optimiste fausse toute l’analyse : le calcul doit reposer sur les loyers réellement pratiqués et une hypothèse prudente de vacance.
Quel prix d’acquisition pouvez-vous accepter sans dégrader la rentabilité du bien ?
Le prix maximum acceptable est celui qui permet d’atteindre votre rendement cible après prise en compte du coût total d’acquisition, des dépenses récurrentes et de la fiscalité applicable. Pour le déterminer, partez du loyer réaliste du marché, déduisez les charges et les impôts estimés, puis remontez vers un prix compatible avec votre objectif. Ce plafond économique doit ensuite être confronté aux conditions du crédit et à l’apport réellement disponible.
La méthode consiste à calculer les revenus locatifs annuels plausibles, à retirer les dépenses supportées par le propriétaire et à déterminer le revenu net retenu pour l’analyse. Il faut ensuite identifier le coût total maximal compatible avec le rendement minimum recherché. Comme les frais d’acquisition représentent une partie du coût total, le prix maximal du bien doit être inférieur au plafond global une fois ces frais pris en compte.
Cette logique fournit une borne de négociation plus utile que la simple comparaison avec les prix affichés. Si le coût total dépasse le montant que la rentabilité cible autorise, l’investisseur peut négocier une baisse du prix ou renoncer au projet. Une réduction du prix de vente peut également diminuer les droits calculés sur cette base dans les transactions où ils s’appliquent ainsi, contrairement à des travaux demandés au vendeur qui ne réduisent pas automatiquement les frais d’acquisition.
Le plafond économique ne suffit cependant pas à valider l’achat. La banque examine la capacité de remboursement et les caractéristiques du financement. Le budget doit également couvrir les frais et préserver une trésorerie raisonnable après la signature. Si le prix compatible avec la rentabilité dépasse le montant que le financement permet de supporter, le plus bas des deux plafonds doit prévaloir.
La dernière vérification concerne le loyer. Il doit être cohérent avec la demande locative locale, les caractéristiques du logement et les loyers réellement pratiqués. Un prix calculé à partir d’un loyer trop élevé peut donner l’illusion d’une bonne opération alors que le revenu réalisable sera inférieur aux prévisions.
Avant de prendre une décision, formalisez les hypothèses de revenus, les dépenses, le rendement minimal, les frais d’acquisition et le financement dans un même tableau. Vous pourrez alors comparer le prix demandé avec le plafond économique et déterminer la marge de négociation disponible.
Le prix affiché n’est donc acceptable que s’il reste compatible avec les deux contraintes : une rentabilité suffisante dans un scénario réaliste et un financement soutenable. Avant de formuler une offre, faites confirmer les frais par le notaire, confrontez le loyer aux données locales et vérifiez auprès de la banque que l’ensemble du budget peut être financé sans épuiser votre réserve de sécurité.
Les frais de notaire sont-ils toujours de 7 à 8 % dans l’ancien ?
Non. En France, 7 à 8 % constitue un ordre de grandeur pour un achat dans l’ancien, pas un taux universel. Le montant dépend notamment du prix, du département, de la date de la vente et des caractéristiques de la transaction. Une estimation du notaire reste préférable pour établir le budget définitif.
Peut-on financer les frais d’acquisition avec un crédit immobilier ?
Cela dépend de la banque, du dossier et du montage retenu. Les frais d’acquisition doivent être identifiés séparément dans le plan de financement : il ne faut pas supposer qu’ils seront automatiquement couverts par le prêt. Demandez à la banque de confirmer le montant financé, l’apport exigé et les frais qui restent à votre charge.
Les frais d’acquisition doivent-ils être payés avant la signature définitive ?
Le notaire demande généralement que les fonds nécessaires soient reçus avant la signature de l’acte authentique, selon les modalités et délais communiqués par l’étude. Anticipez les délais bancaires, les plafonds de virement et le déblocage du crédit. Le calendrier exact doit être confirmé directement avec le notaire.
Faut-il inclure les frais de notaire dans le calcul du rendement locatif ?
Oui. Pour mesurer le rendement rapporté au coût réel de l’investissement, intégrez les frais d’acquisition au prix du logement, ainsi que les autres dépenses initiales pertinentes. Pour calculer le rendement net, déduisez également les charges supportées par le propriétaire, les dépenses de gestion, la vacance locative et, selon l’indicateur recherché, la fiscalité applicable.
Le logement neuf est-il toujours plus rentable que le logement ancien ?
Non. Les frais d’acquisition peuvent être plus faibles dans le neuf lorsque le régime fiscal réduit s’applique, mais la rentabilité dépend aussi du prix d’achat, du loyer réalisable, des charges, des travaux, de la fiscalité et du prix de revente. Il faut comparer les coûts complets et les revenus attendus sur une durée de détention cohérente.