
Obtenir de meilleurs rendements ne consiste pas à sélectionner systématiquement le placement qui affiche le taux le plus élevé. L’enjeu est de rechercher une performance compatible avec ses objectifs, sa situation financière et sa capacité à supporter une perte. Un rendement potentiel supérieur peut s’accompagner de fluctuations plus importantes, d’un risque de perte en capital ou de difficultés à récupérer son argent au moment voulu.
Pour un épargnant qui souhaite dépasser les performances des placements garantis traditionnels, la démarche repose sur plusieurs leviers complémentaires : comprendre les risques, comparer les rendements après frais et fiscalité, choisir entre revenus immédiats et croissance à long terme, puis diversifier les investissements. L’horizon de placement compte autant que le produit lui-même.
Il faut également distinguer le rendement annoncé du rendement effectivement conservé. Les frais récurrents, les frais d’entrée ou de sortie et l’imposition peuvent modifier sensiblement le résultat final. Enfin, une stratégie pertinente doit rester supportable en période de baisse : un placement théoriquement adapté peut devenir inapproprié si l’épargnant est contraint de vendre au mauvais moment.
Les trois principes pour rechercher un meilleur rendement
- Comparer la performance potentielle au risque de perte, à la liquidité et à la durée pendant laquelle l’argent peut rester investi.
- Calculer le rendement net de tous les frais et de la fiscalité applicable, sans confondre simulations et garanties.
- Construire une allocation diversifiée, adaptée à ses objectifs et à sa capacité réelle à supporter les fluctuations.
- Pourquoi un rendement élevé implique-t-il souvent un risque de perte plus important ?
- Comment calculer le rendement réellement conservé après frais et fiscalité ?
- Revenus réguliers ou plus-value future : quel objectif privilégier selon votre projet ?
- Quels rendements annoncés doivent vous rendre méfiant avant d’investir ?
- Quand accepter davantage de risque peut-il devenir cohérent pour votre épargne ?
- Sécuriser davantage ou rester investi : quel équilibre selon votre horizon ?
- Quels frais peuvent rendre une offre moins avantageuse malgré un meilleur taux ?
- Comment diversifier votre portefeuille sans accumuler des placements inutiles ?
Pourquoi un rendement élevé implique-t-il souvent un risque de perte plus important ?
Un rendement potentiel élevé rémunère souvent l’acceptation d’un risque supérieur, mais ne garantit pas une meilleure performance finale. Les investisseurs peuvent notamment exiger une compensation pour supporter des fluctuations importantes, une incertitude sur les revenus ou la possibilité de perdre une partie du capital. Cette prime de risque reste une espérance, pas un gain acquis.
Trois risques doivent être distingués. La volatilité correspond aux variations de valeur d’un placement : une baisse peut être temporaire et suivie d’une remontée, sans que cette récupération soit certaine. La perte en capital devient définitive lorsque l’investissement est vendu en dessous de son coût d’acquisition, ou lorsque la valeur de l’actif est durablement détruite. Le risque de liquidité, lui, désigne la difficulté à revendre rapidement un actif dans des conditions satisfaisantes.
Ces risques ne se confondent pas. Un placement peut afficher une faible volatilité apparente tout en étant difficile à revendre. À l’inverse, une action cotée peut être facilement négociable, mais perdre une part importante de sa valeur en peu de temps.
Le moment de la revente compte également. Une baisse survenant loin de l’échéance peut laisser du temps pour attendre une éventuelle reprise. Si l’argent doit financer un achat imminent, cette même baisse peut imposer une vente défavorable. La durée disponible influence donc la capacité à absorber les fluctuations, sans supprimer le risque.
Le document d’informations clés (DIC) fournit un indicateur synthétique de risque gradué de 1 à 7, qui combine notamment les risques de marché et de crédit. Le niveau 1 ne signifie pas une absence totale de risque, et l’indicateur ne résume pas à lui seul la liquidité du produit. Les explications de l’AMF sur l’indicateur de risque des placements permettent de mieux comprendre cette limite.
Comparer deux placements uniquement à partir de leur taux affiché revient donc à ignorer la manière dont le rendement est produit et les conditions dans lesquelles le capital peut être récupéré. Une performance potentielle n’a de valeur que si le risque associé est compatible avec le projet de l’épargnant.
Cette première analyse permet de définir le niveau de risque acceptable. Elle doit ensuite être complétée par une comparaison du rendement réellement conservé, après les frais et les prélèvements applicables.
Comment calculer le rendement réellement conservé après frais et fiscalité ?
Le rendement réellement conservé se calcule à partir de la performance du placement, en tenant compte des frais supportés et de la fiscalité applicable à l’investisseur. Le taux commercial ne suffit donc pas : deux solutions affichant une performance brute similaire peuvent aboutir à des montants nets différents selon leurs frais, leur enveloppe fiscale et les conditions de retrait.
La comparaison doit commencer par le rendement brut, puis intégrer les coûts réellement supportés. Il faut examiner les frais d’entrée, les frais de gestion annuels, les éventuels frais propres aux supports détenus, les frais d’arbitrage et les frais de sortie. La fiscalité est ensuite évaluée selon le placement, l’enveloppe et la situation du détenteur. Pour obtenir une comparaison pertinente, il convient de calculer le montant final net sur une durée identique, plutôt que de soustraire mécaniquement des pourcentages qui ne s’appliquent pas nécessairement à la même assiette.
Le rendement réel doit également être distingué du rendement nominal. Le premier tient compte de l’inflation : une épargne dont la valeur augmente moins vite que les prix peut perdre du pouvoir d’achat, même si son rendement nominal est positif.
Les enveloppes fiscales ne sont pas interchangeables. Un compte-titres, un plan d’épargne en actions (PEA), une assurance-vie et un livret réglementé peuvent relever de traitements différents. Pour l’assurance-vie, l’ancienneté du contrat et les modalités de retrait peuvent notamment entrer en jeu. Pour un PEA, il faut tenir compte des règles propres au plan. Les livrets exonérés obéissent à leurs propres conditions. Le rendement net dépend ainsi du couple formé par le support et son enveloppe, et non du support seul.
Les frais récurrents ont par ailleurs un effet cumulatif. Une somme prélevée chaque année ne produit plus de rendement les années suivantes. L’écart peut donc s’amplifier avec le temps, même lorsque la différence annuelle paraît modeste.
1 090 € contre 1 276 €
Dans une simulation pédagogique de l’AMF, un investissement initial de 1 000 € progresse de 5 % brut par an pendant cinq ans. Après les frais retenus dans cette simulation, sa valeur finale atteint 1 090 €, contre 1 276 € sans frais. Le rendement annuel net moyen de l’exemple avec frais est de 1,7 %. Ces chiffres sont simulés et ne tiennent pas compte de la fiscalité personnelle.
Exemple chiffré de l’AMF sur les frais des placements.
Pour comparer les offres, les documents d’informations clés, les prospectus et les conditions tarifaires doivent être examinés ensemble. Il est utile de distinguer les frais facturés par l’intermédiaire de ceux prélevés au niveau du produit ou des supports internes. Les explications de l’AMF sur les frais des placements financiers illustrent l’importance de cette addition.
Les cinq vérifications à effectuer avant de comparer deux placements
- Relever le rendement brut annoncé pour chaque offre et conserver une copie du document commercial correspondant.
- Recenser les frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage et de sortie dans un tableau comparatif.
- Identifier les frais des supports sous-jacents et calculer le total des coûts récurrents à partir des tarifs publiés.
- Préciser l’enveloppe fiscale, les conditions de retrait et les règles fiscales à vérifier pour sa propre situation.
- Projeter le montant final net pour les deux offres sur une durée identique, avec les mêmes hypothèses de rendement, et conserver le tableau des résultats et des hypothèses.
Une fois les coûts intégrés, le choix doit encore correspondre à l’utilisation prévue de l’argent. Un placement adapté à la constitution d’un capital sur plusieurs années ne répond pas nécessairement aux besoins d’une personne qui cherche un complément de revenus immédiatement disponible.
Revenus réguliers ou plus-value future : quel objectif privilégier selon votre projet ?
Le choix entre revenus réguliers et plus-value future dépend principalement de la date à laquelle l’argent sera nécessaire et de la capacité à accepter des fluctuations. Un épargnant qui finance ses dépenses courantes privilégiera généralement la prévisibilité et la liquidité. Celui qui prépare un objectif lointain peut envisager une part plus importante d’actifs de croissance, à condition de pouvoir supporter leurs baisses.
Les placements à revenus réguliers peuvent sembler plus faciles à évaluer parce qu’ils versent des intérêts, des coupons ou des loyers. Pourtant, un revenu élevé n’est pas nécessairement stable. Un investissement immobilier locatif peut connaître une vacance, nécessiter des travaux imprévus ou subir des impayés. Un titre de dette peut exposer au risque de défaut de l’émetteur. Dans les deux cas, les revenus attendus peuvent diminuer alors que certaines dépenses persistent.
La fiscalité compte aussi : les revenus périodiques et les plus-values peuvent relever de traitements différents selon l’actif, l’enveloppe et la situation personnelle. Il faut comparer ce qui reste réellement disponible après les prélèvements applicables.
Une grille simple permet de structurer la décision :
| Critère | Priorité aux revenus | Priorité à la croissance |
|---|---|---|
| Horizon | Besoin proche ou régulier | Objectif plus lointain |
| Liquidité | Fonds accessibles au moment nécessaire | Possibilité de laisser le capital investi |
| Fluctuations | Importance accordée à la stabilité des flux | Capacité à supporter des baisses temporaires |
| Résultat recherché | Flux utilisables pour financer les dépenses | Augmentation potentielle du capital à terme |
Ces orientations ne sont pas exclusives. Un même épargnant peut avoir besoin de revenus à court terme et vouloir faire croître une autre partie de son patrimoine. Séparer l’épargne selon ces deux objectifs aide à éviter de vendre des actifs de croissance pour financer une dépense immédiate.
Cette distinction permet de choisir une stratégie cohérente, mais elle ne dispense pas de vérifier la crédibilité des rendements proposés. Un taux élevé peut correspondre à un risque compréhensible, à une hypothèse optimiste ou à une offre trompeuse : il faut savoir différencier ces situations.
Quels rendements annoncés doivent vous rendre méfiant avant d’investir ?
Un rendement annoncé mérite une vigilance particulière lorsqu’il est très supérieur aux références comparables sans explication économique claire, lorsqu’il est présenté comme garanti malgré un actif volatil ou lorsque le discours commercial minimise les risques. Une promesse de rendement élevé ne constitue pas une preuve de qualité. Avant de verser de l’argent, il faut comprendre l’actif financé, les conditions de rémunération et la possibilité réelle de récupérer son capital.
Trois notions doivent rester distinctes. Le rendement promis est un engagement commercial ou contractuel dont la portée dépend des conditions et de la solidité de celui qui le propose. Le rendement passé décrit une performance déjà observée, sans garantir sa répétition. Le rendement espéré est une estimation de ce qui pourrait se produire, et non un résultat acquis.
Le document d’informations clés présente notamment des scénarios défavorable, intermédiaire, favorable et de tension. Ces simulations aident à envisager plusieurs évolutions possibles, mais elles ne prédisent pas de manière fiable la performance future. Même un scénario défavorable positif ne suffit pas à exclure une perte réelle. L’analyse de l’AMF sur les scénarios de performance du DIC précise cette limite.
Certains comportements commerciaux constituent également des signaux d’alerte : urgence artificielle, démarchage non sollicité, pression pour transférer rapidement les fonds, garantie de disponibilité permanente ou promesse de rendement sans risque. Pris isolément, un argument ne permet pas toujours de conclure à une fraude, mais plusieurs signaux réunis justifient de suspendre la décision.
La vérification doit porter sur plusieurs éléments concrets : l’identité de l’émetteur, la nature de l’actif sous-jacent, les risques, les frais, les conditions de sortie et les autorisations nécessaires. En France, il est possible de consulter les informations officielles de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour vérifier les acteurs relevant de son champ de compétence et rechercher les alertes concernant les offres non autorisées. Une absence d’alerte ne constitue toutefois pas une garantie de légitimité.
Il faut aussi lire les conditions exactes d’une éventuelle garantie : qui la fournit, ce qu’elle couvre, les exclusions et les conditions de remboursement. Une garantie annoncée par un intermédiaire n’a pas la même portée qu’une garantie juridiquement définie et effectivement applicable.
La prudence ne signifie pas qu’il faut renoncer à toute performance potentiellement supérieure. Elle consiste à éliminer les offres incompréhensibles ou douteuses, puis à déterminer dans quelles conditions un risque d’investissement clairement identifié peut être acceptable.
Quand accepter davantage de risque peut-il devenir cohérent pour votre épargne ?
Accepter davantage de risque peut devenir cohérent lorsque l’épargne de précaution est constituée, que l’argent investi ne sera pas nécessaire à court terme et qu’une perte potentielle reste supportable financièrement. Un horizon long peut laisser davantage de temps pour traverser les fluctuations, mais il ne garantit ni la récupération d’une baisse ni une performance positive à l’échéance.
La décision doit d’abord tenir compte de la capacité objective à prendre des risques. Celle-ci dépend notamment de la stabilité des revenus, des dépenses prévues, de l’endettement, de l’épargne disponible et de l’importance de la somme investie dans le patrimoine total. Une personne disposant d’une épargne de secours et de revenus relativement prévisibles peut avoir davantage de marge qu’une personne qui doit financer prochainement un achat important.
La tolérance au risque est une dimension différente. Elle correspond à la manière dont l’épargnant réagit aux baisses et à l’incertitude. Une personne peut disposer d’une capacité financière à supporter une perte tout en vivant difficilement une diminution importante de la valeur de son portefeuille. Si cette inquiétude conduit à vendre précipitamment, la stratégie initiale risque de ne pas être tenable.
Il est donc utile de définir une perte supportable avant d’investir. Il ne s’agit pas de prévoir précisément la baisse future, mais de vérifier si une diminution importante du capital compromettrait les dépenses essentielles ou les projets. Cette réflexion doit précéder le choix du produit et de la proportion investie.
Une progression par étapes peut aider à mieux connaître son comportement face au risque. Commencer avec une exposition limitée, suivre son évolution dans différentes conditions de marché et réexaminer son allocation permet d’évaluer si le niveau de fluctuations reste acceptable. Cette démarche ne garantit pas de bien réagir à toutes les crises, mais évite de se fier uniquement à une tolérance théorique.
Certains contextes rendent une prise de risque supplémentaire difficile à justifier, même avec un horizon long : dette coûteuse, revenus instables, absence d’épargne de secours ou dépense importante imminente. Dans ces situations, renforcer d’abord la sécurité financière peut être plus cohérent que rechercher une performance supérieure.
Une fois le niveau de risque adapté défini, il reste à le faire évoluer dans le temps. L’allocation qui convient plusieurs années avant un objectif peut devenir trop exposée lorsque la date d’utilisation des fonds approche.
Sécuriser davantage ou rester investi : quel équilibre selon votre horizon ?
L’équilibre entre sécurité et investissement dépend du temps restant avant l’objectif et de la souplesse de son échéance. Plus une somme doit être disponible à une date précise, plus il devient important de limiter le risque d’une baisse juste avant son utilisation. À l’inverse, sécuriser trop tôt l’ensemble d’un portefeuille peut réduire son potentiel de croissance sur une longue durée.
La sécurisation progressive consiste à déplacer une partie du capital vers des supports moins volatils à mesure que l’échéance se rapproche. Cette démarche peut limiter l’exposition d’une somme destinée à un achat, à une dépense planifiée ou à un besoin de revenus à une date donnée. Elle ne supprime toutefois pas tous les risques : il faut encore examiner la disponibilité des fonds, les conditions du support retenu et son rendement après frais et fiscalité.
Il n’existe pas de calendrier universel applicable à tous les épargnants. Le rythme de sécurisation dépend de la régularité des revenus, de l’existence d’autres actifs, de la marge de report du projet et de la part du patrimoine concernée. Un objectif dont la date est impérative appelle une approche différente d’un projet qui peut être différé si les marchés sont défavorables.
La décision doit également distinguer l’argent nécessaire à une échéance fixe de celui qui peut rester investi plus longtemps. Il est possible de sécuriser la somme destinée à une dépense proche tout en maintenant une exposition diversifiée sur la partie du patrimoine dont l’horizon demeure lointain. Cette séparation réduit le risque de devoir liquider des placements dynamiques dans de mauvaises conditions pour financer un besoin immédiat.
La sécurisation ne doit donc pas être envisagée comme un basculement brutal entre deux catégories de placements. Elle correspond plutôt à un ajustement progressif de l’allocation, réévalué en fonction des objectifs et de la situation financière.
Cette approche permet de préparer l’utilisation future des fonds sans abandonner automatiquement toute perspective de croissance. Le résultat dépendra néanmoins aussi des coûts des supports retenus : un arbitrage pertinent sur le plan du risque peut devenir moins avantageux si les frais sont excessifs.
À retenir
- La date à laquelle l’argent doit être disponible détermine la marge de risque acceptable sur la somme concernée.
- Une sécurisation progressive peut limiter l’exposition à une baisse proche de l’échéance, sans garantir le capital ni le rendement.
- Il est possible de distinguer les sommes destinées à un besoin proche de celles qui peuvent rester investies à long terme.
Quels frais peuvent rendre une offre moins avantageuse malgré un meilleur taux ?
Une offre affichant un taux supérieur peut devenir moins avantageuse si ses frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage ou de sortie absorbent l’écart de rendement. Le bon critère est le montant net obtenu à horizon identique, et non le taux isolé. Il faut additionner les coûts supportés au niveau du contrat, de l’intermédiaire et des supports sous-jacents, puis tenir compte des conditions de retrait.
Les frais ponctuels sont prélevés lors d’une opération, par exemple à l’entrée ou à la sortie. Les frais récurrents sont supportés pendant la détention et réduisent progressivement la somme qui continue à produire un rendement. À ces postes peuvent s’ajouter des frais liés aux supports internes ou aux arbitrages entre placements.
La difficulté vient du fait que tous les coûts ne figurent pas nécessairement sur une seule ligne. Un contrat peut facturer des frais de gestion tandis que les supports qu’il contient supportent leurs propres frais. Comparer uniquement le tarif principal revient alors à sous-estimer le coût total.
Pour évaluer deux offres, il faut utiliser une durée commune, un montant initial identique et les mêmes hypothèses de rendement brut. Les coûts propres à chaque solution doivent ensuite être intégrés à la projection. Le résultat permet de déterminer si le meilleur taux affiché compense effectivement les frais supplémentaires et, le cas échéant, à quel horizon cette différence devient favorable.
Les frais de sortie et les restrictions de rachat méritent une attention particulière. Un placement peut sembler performant sur le papier tout en imposant des conditions défavorables si les fonds doivent être récupérés avant l’échéance prévue. La liquidité a une valeur économique : l’impossibilité de disposer rapidement de son capital peut générer un coût indirect, même lorsqu’aucun frais de sortie explicite n’est facturé.
Il faut donc évaluer simultanément le rendement net, les coûts, les conditions de retrait et les risques. Un placement moins cher n’est pas automatiquement préférable si son profil de risque ne convient pas au projet, mais un rendement supérieur ne suffit pas à justifier des frais élevés.
Cette comparaison financière prend tout son sens lorsqu’elle s’inscrit dans une vision globale du patrimoine. Il reste à vérifier que les placements sélectionnés se complètent réellement, plutôt que de multiplier les contrats qui reproduisent les mêmes risques.
Comment diversifier votre portefeuille sans accumuler des placements inutiles ?
Une diversification efficace ne dépend pas du nombre de contrats détenus, mais de la répartition réelle des investissements entre des actifs, des secteurs et des zones géographiques dont les comportements ne sont pas parfaitement identiques. Multiplier les supports exposés au même marché peut donner une impression de variété sans réduire sensiblement le risque. L’objectif est de construire un ensemble cohérent, compréhensible et adapté à l’horizon de placement.
Le premier travail consiste à identifier ce que chaque placement détient réellement. Deux fonds portant des noms différents peuvent investir dans des entreprises similaires ou suivre des indices proches. Plusieurs produits peuvent également être exposés aux mêmes secteurs, aux mêmes pays ou aux mêmes facteurs économiques. Ces chevauchements créent des concentrations parfois difficiles à repérer lorsqu’on regarde uniquement le nombre de lignes du portefeuille.
Une diversification pertinente examine aussi la manière dont les actifs évoluent les uns par rapport aux autres. Lorsque plusieurs placements baissent simultanément pendant une crise, leur combinaison protège peu contre cette baisse. Des actifs dont les évolutions sont moins synchronisées peuvent contribuer à réduire les fluctuations globales, mais aucune combinaison ne garantit l’absence de perte.
La répartition doit rester cohérente avec les objectifs. Un capital destiné à une dépense proche ne se gère pas nécessairement comme une somme investie pour un projet lointain. Il faut aussi tenir compte de la capacité à absorber une perte, des revenus disponibles, des autres actifs détenus et du besoin de liquidité. Il n’existe donc pas de répartition universelle adaptée à tous les investisseurs.
Une diversification excessive présente enfin des inconvénients. Une multitude de lignes peut compliquer le suivi, rendre les frais plus difficiles à contrôler et disperser les investissements sans améliorer sensiblement la répartition des risques. Un portefeuille plus simple, dont les composantes et les objectifs sont clairement compris, peut être plus facile à suivre et à rééquilibrer.
Pour évaluer votre portefeuille, examinez chaque placement selon quatre critères : son actif sous-jacent, son exposition géographique et sectorielle, son horizon de détention et son niveau de risque. Comparez ensuite les expositions pour repérer les doublons. Les explications de l’AMF sur le rendement et la diversification des actions rappellent notamment l’intérêt de combiner des placements qui n’évoluent pas tous dans le même sens au même moment.
Le but n’est pas de multiplier les produits pour donner une apparence de sécurité, mais de vérifier que chaque ligne contribue réellement à la stratégie. Une allocation lisible facilite la surveillance des risques, la comparaison des coûts et les ajustements nécessaires lorsque les objectifs évoluent.
Avant d’ajouter un nouveau placement, vérifiez donc son rôle, son coût, son risque et sa complémentarité avec les investissements existants. Une stratégie de rendement plus ambitieuse reste pertinente lorsqu’elle repose sur des choix compréhensibles, une diversification réelle et une capacité financière suffisante à supporter les pertes possibles.
Peut-on obtenir un rendement élevé sans risquer de perdre son capital ?
Il n’est pas possible de conclure qu’un rendement élevé est sans risque sur la seule base d’une annonce commerciale. Certains produits peuvent prévoir une garantie sous des conditions précises, mais sa portée dépend notamment de l’organisme qui la fournit, des exclusions et des modalités contractuelles. Il faut vérifier ce qui est réellement garanti, par qui et à quelle échéance. Une performance élevée associée à une promesse de sécurité absolue mérite une vigilance particulière.
Faut-il investir en une seule fois ou progressivement ?
Le choix dépend de la situation financière, de l’horizon et de la manière dont l’épargnant supporte les fluctuations. Investir progressivement peut répartir les points d’entrée et faciliter l’engagement psychologique, mais ne garantit pas un meilleur rendement et n’empêche pas une perte. Avant de choisir, il convient de préserver l’épargne de précaution, de définir la somme réellement disponible pour l’investissement et d’évaluer les frais associés aux versements.
Un placement classé 1 sur 7 est-il sans danger ?
Non. L’indicateur de risque du document d’informations clés est gradué de 1 à 7, mais le niveau 1 ne signifie pas une absence totale de risque. Cet indicateur combine notamment le risque de marché et le risque de crédit sans résumer nécessairement tous les risques liés au produit, en particulier les difficultés de revente. Il faut lire l’ensemble des informations relatives au risque, à la liquidité et aux conditions de sortie.
À quelle fréquence faut-il revoir son portefeuille ?
Le portefeuille doit être réexaminé lorsque les objectifs, les besoins de liquidité, la situation financière ou l’horizon de placement changent. Une revue périodique peut aussi aider à repérer les concentrations, les doublons et les frais devenus moins avantageux. La fréquence appropriée dépend de la stratégie et des caractéristiques des supports : il ne s’agit pas de modifier systématiquement les placements à chaque fluctuation du marché, mais de vérifier que l’allocation reste cohérente avec le projet.
Comment savoir si mon portefeuille est suffisamment diversifié ?
Commencez par inventorier les actifs sous-jacents de chaque placement, puis examinez les secteurs, les zones géographiques, les niveaux de risque et les horizons de détention. Recherchez les expositions communes entre des fonds ou des contrats différents et vérifiez si les placements peuvent évoluer simultanément en cas de crise. La diversification peut réduire certaines fluctuations, mais elle ne supprime pas le risque de perte en capital. La répartition doit rester adaptée aux besoins et à la capacité de risque de l’épargnant.